Révéré dans sa patrie, admiré partout ailleurs, Colin Davis est mort le 14 avril. Il restera comme l'une des grandes baguettes de l'âge d'or de la stéréo, sa carrière au disque couvrant plus de 50 années d'activité, depuis 1959.

Autre pierre angulaire de la discographie de Colin Davis :
Berlioz. Et de nouveau l'essentiel est indisponible, puisque le coffret 9 CD regroupant
les enregistrements d'opéras (Benvenuto Cellini, Béatrice et Bénédict, Les Troyens)
est épuisé et hors de prix. Reste pour se consoler la
Symphonie Fantastique et d'autres œuvres orchestrales
avec le London Symphony Orchestra (Philips Duo, 12 €)
, et le remake mythique de la
Fantastique avec le Concertgebouw (Originals, 8 €)
, ainsi que
le Requiem avec le LSO (Philips, 2 CD, 16 €)
. En ce qui concerne les œuvres lyriques on peut toutefois se consoler avec les superbes enregistrements plus récents avec le LSO, particulièrement
des Troyens d'anthologie (LSO live, 4 CD, 35 €)
. Le plus avantageux est cependant de se tourner vers
l'édition du bicentenaire incluant tous les enregistrements Berlioz/Davis pour LSO live (12 CD, environ 50 € sur Amazon.co.uk)
.

Mozart fut l'un des compositeurs les plus fréquentés par Davis, depuis ses
enregistrements de jeunesse pour EMI (6 CD, 15 €)
, mais il y fut parfois considéré (et souvent à tort) comme assez secondaire. Il est regrettable que là aussi la plupart de ses enregistrements d'opéras soient indisponibles, hormis
une Flûte enchantée très bien tenue (2 CD, 12 €)
et
l'un des meilleurs Enlèvements au Sérail (2 CD, 30 €)
. On pourra se consoler avec d'excellentes
symphonies avec la Staatskapelle Dresden (Decca, 5 CD, 20 €)
, et aussi avec les
Symphonies Londoniennes de Haydn, à posséder absolument, deux doubles CD à 12 € chacun (
volume 1
et
volume 2
).

Peut-être autant que Berlioz,
Sibelius est sans doute le legs le plus important de Colin Davis, avec
trois intégrales des symphonies.
La première, avec le LSO (RCA, 6 CD, 17 €)
est une solution économique et bien rendue. Mais c'est surtout avec
la seconde, à la tête du Boston Symphony (Decca, 5 CD)
, que Colin Davis s'est imposé comme grand interprète de Sibelius et promoteur de cette musique essentielle. Enfin,
la récente intégrale enregistrée en concert avec le LSO
dépasse peut-être encore les deux précédentes par sa tension orchestrale, et comprend qui plus est un
Kullervo de référence.

Dans la continuité de Sibelius, l'une des initiatives les plus passionnantes de Davis ces dernières années fut de s'attaquer, à 80 ans passés, à
Carl Nielsen, dont il laisse tout simplement la meilleure intégrale, la plus cohérente et la mieux réalisée, en trois SACDs séparés (
symphonies n° 1 & 6
,
n° 2 & 3
,
n° 4 & 5
, 15 € chacun). Enfin, le répertoire du siècle dernier fut défendu régulièrement et efficacement par Davis, qui laisse un superbe
Peter Grimes de Britten avec Jon Vickers et Heather Harper (Philips, 2 CD, 12 €)
, une référence dans les
concertos pour piano de Bartok avec Kovacevich (Philips, 5 €)
, un superbe
SACD Walton avec le LSO (LSO live, 15 €)
, trois magnifiques versions du
Child of Our Time de Tippett (avec
le BBC SO, Jessye Norman et Janet Baker chez Philips (épuisé)
, avec
la Staatskapelle Dresden (Hänssler, 20 €)
, et avec
le LSO (LSO live, 15 €)
), les
trois symphonies d'Edward Elgar (LSO live, 3 CD)
, ou encore la meilleure référence récente des
Planètes de Holst (LSO live, 10 €).
Une discographie généreuse, donc, avec quelques références incontournables. On espère simplement qu'Universal offrira dans un futur point trop éloigné des rééditions dignes de ce nom des Berlioz, Mozart et autres concertos de Beethoven par le chef anglais, ainsi que d'autres références difficiles à se procurer (d'excellents et introuvables Stravinsky notamment).