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dimanche 20 octobre 2013

10 joyaux à restituer (1) Rameau, l'œuvre pour clavecin (Scott Ross, STIL)

 

Jean-Philippe Rameau
François Couperin
Intégrale des œuvres pour clavecin
Scott Ross, clavecin du château d'Assas
Label : STIL
Enregistrement : 1975 (Rameau), 1977-1978 (Couperin)

Au rythme auquel son legs discographique est réédité, Scott Ross, le plus grand claveciniste que l'on ait connu depuis le renouveau de l'instrument, avec Leonhardt mais dans un style radicalement différent de ce dernier, pourrait bien sombrer dans l'oubli.

On peut heureusement se procurer, sous ses doigts, quelques disques enregistrés pour Erato et EMI, indispensables pour la fulgurance des lectures de Ross, et pour la personnalité débordante, saisissante de ce dernier. L'intégrale Scarlatti en 34 CD, naturelle référence (et pourtant peut-être pas ce qui devrait retenir au premier abord l'attention dans la discographie du claveciniste canadien). Bach, incontournable et pourtant peu enregistré par Ross, si l'on excepte les Goldberg pour EMI (repris par Virgin et couplées avec des Frescobaldi moins réussis, son dernier enregistrement), celles en concert pour Erato, un bel album regroupant Concerto italien, Fantaisie chromatique et Ouverture BWV 831. Déjà parmi le catalogue Erato, les vrais joyaux sont moins bien réédités : le disque Soler est facile à trouver, mais il n'en va pas de même pour les suites de Haendel de 1720, pour les indispensables D'Anglebert, et pour les meilleures Partitas de Bach jamais enregistrées, introuvables ou hors de prix. Il faut y ajouter quelques récitals édités d'une façon assez dispersée, par l'INA notamment.

Scott Ross et le clavecin d'Assas
C'est pourtant là une sorte de partie émergée du brûlant iceberg qu'a livré Ross, dont la disponibilité toute relative est presque une aubaine. Car les deux véritables météores du disque qu'il avait offerts dans les années 1970 sont, eux, totalement introuvables. En 1975, le jeune claveciniste, déjà connu pour de premiers disques Bach et Scarlatti et pour son prix de Bruges raflé à la surprise générale (1971), enregistre sur le clavecin du château d'Assas, ce fabuleux instrument anonyme qu'il ne cessera d'explorer, l'intégrale des œuvres pour clavecin seul de Rameau. Puis, deux ans plus tard, il entame l'intégrale Couperin dans l'été 1977, qu'il achèvera l'été suivant. Dans ce domaine perdu de l'Hérault sorti tout droit du XVIIIe siècle, au milieu des oiseaux que l'on entend sur les bandes, des cigales (et des rats, paraît-il, qui pullulaient dans la bâtisse), sous l'autorité de la maîtresse des lieux, madame Simone Demangel, Ross enregistra à vrai dire la majorité de ses disques (notamment par la suite l'intégrale Scarlatti), et fit souvent entendre aux auditeurs venus s'y perdre, l'un des plus beaux clavecins historiques qui fut dans les meilleures conditions que l'on pût imaginer. Ce château où Ross est mort en 1989 restera comme un lieu à part, celui d'une révélation, d'un renouveau, d'une transmission.

Réédités en CD après leur sortie en 33 tours, les disques STIL disparurent ensuite avec le naufrage de cette petite maison de disque française, dont le propriétaire Alain Villain avait fait beaucoup pour le renouveau du baroque en France (outre les enregistrements de Scott Ross, il y eût ainsi l'édition des Boréades, malgré l'imbroglio juridique qui l'entoura ensuite et empêcha longtemps les performances de fleurir). Monsieur Villain n'a jamais accepté de céder les droits à d'autres maisons de disques (ni de les diffuser gratuitement) et laisse dormir ce patrimoine inestimable, privant le public d'enregistrements qui, moralement sinon juridiquement, n'appartiennent à personne. Dans le même temps les piratage de ces disques sur internet prolifère, mais est-il vraiment condamnable de recourir au seul moyen actuel d'entendre ces trésors ?

Il faudrait d'ailleurs à ces deux ensembles ajouter les autres enregistrements Stil, le premier disque (Bach) de 1971, les sonates K.1 à 30 de Scarlatti (1973), les deux messes pour orgue de Couperin.

Sera-t-il un jour donné de retrouver enfin cet ensemble discographique majeur de l'un des plus grands artistes du siècle passé, enfin édité comme il se doit ?

En attendant, un petit extrait avec l'Allemande de la suite en mi mineur de 1724 de Rameau ; et La favorite, chaconne du 3e ordre de Couperin.



mercredi 27 février 2013

Marie-Claire Alain (1926-2013)



Personnalité incontournable du monde de l'orgue, Marie-Claire Alain nous a quittés hier. La grande dame de l'orgue, élève de Dupré et Duruflé, sœur de Jehan Alain dont elle fit connaître l'œuvre très largement, laisse comme héritage principal des dizaines d'élèves marqués par son enseignement, parmi lesquels on compte, pour les plus connus, Daniel Roth, Olivier Vernet, Vincent Warnier, ou encore Jean-Baptiste Robin.

Son legs discographique est parmi les plus fournis de l'instrument, grâce au label Erato qui l'accompagna pendant longtemps et auquel elle fit vendre plus de quatre millions de disques. Plus vraiment à la mode depuis les années 1990, la disponibilité de la grande majorité de ses enregistrements s'en ressent hélas. Pour avoir une bonne idée de l'art de Marie-Claire Alain, on peut se tourner vers ses deux dernières intégrales Bach (sur trois en tout), bien rééditées par Warner, et qui laissent entendre son versant pionnier, puisqu'elle fut l'une des premières à importer en France les principes de l'interprétation « baroqueuse ». La seconde (1978-1980) (15 CD, environ 26 € sur Marketplace) est fulgurante, quoique la technique éblouissante de Marie-Claire Alain lui attire parfois quelques reproches par son côté mécanique. La troisième (années 1990) (14 CD, en promotion sur Amazon.fr : 29,90 €) montre une approche plus souple et bénéficie d'instruments somptueux. Malheureusement, ses autres interprétations de baroque allemand (Buxtehude, Böhm & Bruhns), ou encore sa version la plus récente des Concertos pour orgue de Haendel, avec le Freiburger Barockorchester, sont bel et bien épuisées. De même, ses témoignages dans le baroque français, pourtant parmi ses meilleurs enregistrements, sont totalement indisponibles (Grigny, Couperin & Clérambault, et de nouveau Couperin sur le Clicquot de Poitiers avec les chantres de Versailles). Consolation un peu maigre : un album live de 2002 sur l'orgue Dom Bedos de Sainte-Croix-de-Bordeaux, entièrement consacré à Couperin, est disponible chez Triton.
Du côté du répertoire romantique, quelques rééditions à bas prix sont les bienvenues, et permettent d'entendre Marie-Claire Alain dans son Intégrale Franck de 1976 (2 CD, moins de 5 € sur Marketplace), dans les Symphonies de Widor (environ 4 € sur Marketplace), ou encore dans une anthologie Liszt de référence (environ 3 € sur Marketplace). Sans oublier les œuvres de son frère Jehan (2 CD, environ 8 € sur Marketplace). Et si ses Messiaen sont introuvables, on peut en revanche entendre Alain dans la fameuse 3e symphonie de Saint-Saëns dans deux versions, l'une avec Georges Prêtre et les Wiener Symphoniker (moins de 3 €), l'autre, préférable, avec Jean Martinon et l'orchestre national (environ 3 €), et en complément le superbe concerto pour orgue de Poulenc.

La discographie de Marie-Claire Alain, aujourd'hui perdue au milieu du catalogue de Warner, est un pan entier du patrimoine musical français du siècle dernier. Espérons qu'il sera de nouveau rendu dans sa pleine variété au public, à brève échéance...

samedi 28 juillet 2012

Amazon.es : actualisation




Été calme sur le marché des bons plans pour les mélomanes. Toujours l'occasion malgré tout de récapituler ce qui se passe chez nos voisins transpyrénéens, où la crise touche tout sauf le disque classique... Je privilégie ici, d'une part, les offres plus récentes (ne manquez donc pas de consulter les précédentes listes) et, d'autre part, principalement les gros rabais et les plus rares : avant de valider votre commande je recommande donc de faire un tour sur Amazon.es pour vérifier que rien d'autre ne vous intéresse, en particulier sur les meilleures ventes classique !

Pour ceux qui seraient perdus dans une telle profusion, le coffret L'Art de Giulini, les symphonies de Beethoven par Konwitschny, les Bruckner berlinois de Günter Wand ainsi que les symphonies de Mozart par Nikolaus Harnoncourt sont des valeurs sûres, des disques confinant tous au sublime. Les collectionneurs chevronnés, eux, se tourneront en priorité vers les archives radiophoniques du Concertgebouw (vol. 5 et vol. 6) et de James Levine à Munich...



 
L'Art de Carlo Maria Giulini (DG, 16 CD)
Beethoven, Brahms, Bruckner, Mahler, Schubert...











James Levine : archives du Münchner Philharmoniker (Oehms, 12 CD)
Bartok, Beethoven, Brahms, Wagner...







Anthologie du Concertgebouw vol. 5 (RCO, 14 CD)
1980-1990 : Giulini, Kondrachine, Haitink, Jochum, Sanderling, Bernstein, Dorati...








Anthologie du Concertgebouw, vol. 6 (RCO, 14 CD)
1990-2000 : Chailly, Sawallisch, Harnoncourt, Gardiner, Haitink, Jansons...








Bach : Intégrale de l'œuvre pour orgue (Erato, 15 CD)
Marie-Claire Alain








Bach : Intégrale de l'œuvre pour orgue (Teldec, 16 CD)
Ton Koopman








Beethoven : Symphonies 1-9, Ouvertures (Berlin Classics, 6 CD)
Gewandhausorchester, Franz Konwitschny







Brahms : Symphonies 1-4, œuvres orchestrales (Warner, 3 CD)
Berliner Philharmoniker, Nikolaus Harnoncourt









Bruckner : Symphonies 4, 5, 7, 8, 9 (RCA/Sony, 6 CD)
Berliner Philharmoniker, Günter Wand









Dmitri Chostakovitch : Quatuors à cordes 1-15 (Teldec, 6 CD)
Quatuor Brodsky









François Couperin : Intégrale des Livres de pièces de clavecin (Warner, 10 CD)
Olivier Baumont








Haendel : Alcina ; Orlando (Warner, 6 CD)
Les Arts Florissants, William Christie







Miaskovski : Intégrale des symphonies (Warner, 16 CD)
Orchestre d'État de l'URSS / de Russie, Ievguéni Svetlanov







Mozart : Symphonies 17-19 & 21-41 (Warner, 8 CD)
Concertgebouworkest Amsterdam, Nikolaus Harnoncourt
Amsterdam Baroque Orchestra, Ton Koopman





 

Mozart : Concertos pour violon, concertos pour vents (Warner, 5 CD)
Thomas Zehetmair, Vadim Repin, Sharon Kam, Jean-Pierre Rampal, Lily Laskine








Scarlatti : Sonates complètes (Warner, 34 CD)
Scott Ross