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dimanche 10 septembre 2017

La rentrée des bons plans (5) : nouveaux coffrets Warner (Beethoven/Kovacevich, Haydn/Pro Arte, Debussy/Gieseking...)

La nouvelle collection de coffrets à prix doux de Warner est déjà devenue incontournable après deux premières séries très séduisantes (en juillet 2016 et en février dernier) incluant aussi bien de belles versions récentes en stéréo que des archives restaurées admirablement pour l'occasion. La nouvelle salve de coffrets sortis il y a quelques jours ne réunit de même presque que des indispensables.

Parmi ces nouveautés, certains ne résisteront pas à ajouter à leurs étagères une intégrale des sonates de Beethoven célébrée par la critique comme l'une des plus homogènes et fouillées il y a quelques années, ou une intégrale des symphonies de Sibelius très soignée et idiomatique. Mais ce qui retiendra l'attention, ce sont avant tout les quatuors de Haydn par les Pro Arte, depuis longtemps disparus des catalogues et nouvellement restaurés pour cette nouvelle édition, ainsi que les enregistrements debussystes de Gieseking, eux aussi indisponibles ces derniers temps en intégralité.

Certains stocks sont apparemment épuisés ou non encore approvisionnés, le billet sera mis à jour au fur et à mesure, dans les jours/semaines à venir.


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Bach : œuvres pour clavecin (13 CD)
Helmut Walcha (enr. 1958-1962, remasterisé en 2003)





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Beethoven : Intégrale des sonates pour piano et bagatelles (9 CD)
Stephen Kovacevich (enr. 1991-2003)




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Brahms : Concertos pour piano, œuvres pour piano, musique de chambre (10 CD)
Nicolas Angelich, Renaud Capuçon, Gérard Caussé, Gautier Capuçon, Paavo Järvi



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Debussy : Intégrale de l'œuvre pour piano solo (5 CD)
Walter Gieseking (enr. 1951-1955, remasterisé en 2011)





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Haydn : 29 quatuors à cordes (7 CD)
Pro Arte Quartet (enr. 1931-1938, remasterisé par Art & Son en 2017)





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Sibelius : Intégrale des symphonies, Poèmes symphoniques (5 CD)
Helsinki Philharmonic Orchestra, Paavo Berglund (1984-1987)





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Hilliard Ensemble : Renaissance & Baroque (7 CD)
Angleterre, France (Dufay), Flandres, Allemagne (Schütz, Bach) (1980-1990)




lundi 13 février 2017

Promotions en pagaille sur JPC : coffrets Brilliant, Rattle/CBSO à -50%


Sur JPC encore, après de nombreuses promotions récentes et encore valables pour la plupart, voici encore des occasions à ne pas manquer !
  • Coffrets Simon Rattle à -55 % !

Les deux coffrets reprenant les enregistrements de Simon Rattle à Birmingham sont actuellement proposés à prix très réduits ! On y retrouve les superbes disques qui ont fait la réputation du chef britannique dans le répertoire post-romantique (Mahler, Szymanowski, Schoenberg), dans le symphonisme britannique (Britten, Vaughan Williams, Elgar, Walton) et de façon générale dans le grand répertoire du XXe siècle (Bartok, Ravel, Prokofiev, Stravinsky, Messiaen).


 http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/7745018?iampartner=nc8



Simon Rattle - The Birmingham Years (Warner, 52 CD)
Œuvres symphoniques et orchestrales






 http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/2149216?iampartner=nc8



Simon Rattle & solistes (Warner, 15 CD)
Œuvres concertantes







  • Des centaines de disques et coffrets Brilliant jusqu'à -50 % !
http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/3538781?iampartner=nc8
Une large sélection de disques et coffrets Brilliant Classics est actuellement également en promotion, avec des réductions pour la plupart entre -30 et -50 % ! Attention, préparez-vous à passer du temps à parcourir cette page promotionnelle : plus de 1000 articles sont à prix réduit !

On y trouve certaines volumineuses intégrales qui ont fait la réputation du label hollandais : Bach, Frescobaldi, Dvorak, Tchaïkovski, Telemann... À vous de compléter vos étagères !

Parmi les autres articles intéressants, on retient surtout des coffrets devenus des piliers du répertoire comme les quatuors de Haydn par le quatuor Buchberger, ou encore des rééditions sous licence d'enregistrements de référence comme les scherzos de Chopin par Ivan Moravec, les concertos pour violon de Bartok par Thomas Zehetmair ou encore l'oratorio Der Großinquisitor de Boris Blacher sous la baguette d'Herbert Kegel, ou la musique de chambre de Richard Strauss avec Wolfgang Sawallisch au piano (9 CD).

http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/8249512?iampartner=nc8Les amateurs de musique baroque ne seront pas en reste, et particulièrement les amateurs d'orgue et de clavecin. Les excellents et récents coffrets consacrés à la musique pour orgue de Bach (15 CD), de Walther (12 CD), de Kuhnau (3 CD), à la musique pour clavier de Froberger (16 CD), à la musique de Buxtehude pour le clavecin (4 CD) et pour l'orgue (6 CD), et d'autres articles encore comme le très beau récital Erich/Saxer/Druckenmüller de Manuel Tomadin, sont tous à prix réduit.







Merci à Bruno G. et à Jean-Louis G. pour leurs alertes !

lundi 19 décembre 2016

Dernières commandes avant Noël (2) : Hänssler/SWR à partir de 3,99 €

http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/4978215?iampartner=nc8Sur JPC, une large sélection d'enregistrements SWR Music / Hänssler est littéralement bradée à partir de 3,99 € le CD !

> Accéder à toute la sélection

http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/3359749?iampartner=nc8On y trouve quelques articles remarquables, et plus encore à de tels prix, comme l'intégrale des symphonies de Brahms par Roger Norrington (3 SACD, 5,99 € au lieu de 35 €), les symphonies londoniennes de Haydn toujours sous la baguette du baroqueux anglais (4 CD, 6,99 € au lieu de 28,99 €).

On y trouve également ainsi que de nombreux disques de la série Charles Koechlin (Offrande musicale sur BACH, orchestrations, Les heures persanes...), ou encore un certain nombre de symphonies de Mahler de l'indispensable intégrale de Michael Gielen (3e, 6e, 7e, 8e, 9e...) dans leur présentation originelle avec leurs passionnants compléments de programme.



Merci à Jean-Louis G. et à Luckas !

mercredi 7 décembre 2016

Intégrales Hänssler soldées au prix d'un CD !

Sur JPC, une opération notable à signaler. Plusieurs cycles d'enregistrements édités chez Hänssler sont vendus de façon groupée, c'est-à-dire avec l'ensemble des CD séparés en un envoi, et au prix d'origine d'un seul CD ou moins ! Ne vous y trompez pas : ce ne sont donc pas des coffrets cartonnés sans livret qui sont ici proposés, mais des collections entières à un prix inimaginable !

On y trouvera notamment les enregistrements de l'excellent Gerhard Oppitz au piano, dans Beethoven et Schubert, ou encore le beau cycle Haydn (hélas définitivement inachevé...), à l'esprit historiquement informé, de Thomas Fey.



http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/5744296?iampartner=nc8


Beethoven : Sonates pour piano (9 CD)
Gerhard Oppitz






http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/5748212?iampartner=nc8


Chopin : Œuvres pour piano (11 CD)
Eugene Mursky, Konrad Jarnot






http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/5748207?iampartner=nc8



Haydn : Symphonies (10 CD)






http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/5748210?iampartner=nc8







http://www.jpc.de/jpcng/classic/detail/-/hnum/5685846?iampartner=nc8







N'oubliez pas les autres bons plans récemment signalés sur JPC, pour rentabiliser encore un peu les frais de port !

samedi 6 août 2016

Coffrets en promotion sur Amazon UK : Fricsay, Wagner, Michelangeli, Celibidache...

Sur Amazon UK, une série de coffrets est actuellement soldée, et d'autant plus intéressante avec la baisse du cours de la livre sterling. On y trouve quelques essentiels rarement en promotion, notamment issus de la Collector's Edition chez Universal (coffrets Michelangeli, Bruckner/Celibidache, Mozart/Anda...) ou encore l'indispensable coffret Fricsay (enregistrements d'opéra et d'œuvres chorales) et la merveilleuse boîte Wagner (40 CD) de Sony.


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Ferenc Fricsay : Complete recordings vol. 2 / Opera & Choral Works (DG, 37 CD + DVD)
Bartok, Beethoven, Haydn, Mozart, Verdi...



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Arturo Benedetti Michelangeli (DG, 8 CD)
Intégrale des enregistrements DG : Mozart, Beethoven, Schubert, Chopin, Debussy...






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Decca : Mono Years 1944-1956 (53 CD)
Ernest Ansermet, Ruggiero Ricci, Georg Solti, Eduard Van Beinum...



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Beethoven : Quatuors à cordes (DG, 7 CD)
Quatuor Amadeus





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Beethoven : Symphonies (Archiv, 5 CD)
John Eliot Gardiner





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Bruckner : Symphonies 3-5, 7-9 (DG, 8 CD)
RSO Stuttgart, Sergiu Celibidache





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Haydn : Symphonies (L'Oiseau Lyre, 32 CD)
Academy of Ancient Music, Christopher Hogwood





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Mahler : Symphonies (Decca, 10 CD)
Chicago Symphony Orchestra, Georg Solti





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Mendelssohn : Symphonies & Ouvertures (DG, 5 CD)
London Symphony Orchestra, Claudio Abbado





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Mozart : Quatuors à cordes (DG, 7 CD)
Hagen Quartett





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Mozart : Concertos pour piano (DG, 8 CD)
Mozarteum Salzburg, Géza Anda







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Paganini : Concertos, Caprices... (DG, 6 CD)
Salvatore Accardo, Charles Dutoit





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Schubert : Quatuors à cordes (DG, 6 CD)
Melos Quartett





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Verdi : Great Recordings (Sony, 30 CD)
Montserrat Caballé, Leontyne Price





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Wagner : Der Ring des Nibelungen (Sony, 14 CD)
Marek Janowski





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Wagner : Great Recordings (Sony, 40 CD)
James Levine, , Erich Leinsdorf, Joseph Keilberth, Herbert von Karajan, Marek Janowski...





lundi 7 mars 2016

Nikolaus Harnoncourt (1929-2016)



Les hommages pleuvent depuis l'annonce du décès, ce samedi, de Nikolaus Harnoncourt. Ils ne seront jamais trop : c'est, avec la mort de l'homme, la disparition de l'un des plus grands musiciens de son temps, l'un des plus grands chefs d'orchestre également. Avec, à quelques semaines d'écart,  Pierre Boulez et Nikolaus Harnoncourt, le monde musical perd les fers de lance des deux avant-gardes principales (toutes deux aussi essentielles qu'inconciliables) d'une époque débutée au lendemain de la seconde Guerre mondiale et dont le crépuscule se précise de plus en plus.

« Pionnier », le mot revient souvent et sonne comme un paradoxe pour un artiste issu de l'aristocratie germanique, formé au violoncelle dans la très académique Vienne musicale, et dont la carrière débuta au sein des Wiener Symphoniker à partir de 1952, alors que Herbert von Karajan en était le chef le plus régulier. Mais l'adjectif n'est pas usurpé : sous l'influence de quelques redécouvreurs comme son maître Josef Mertin (qui forma aussi René Clemencic), ou comme bien sûr Alfred Deller, et grâce à un réseau d'amitiés et de collaborations étroites à travers l'Europe (en premier lieu avec Gustav Leonhardt), il fonda avec son épouse et jusqu'au bout partenaire artistique Alice le Concentus Musicus de Vienne, ensemble d'un nouveau genre et d'une logique presque incongrue : jouer sur des instruments anciens, qui n'étaient pas sortis depuis longtemps des vitrines de musées, en redécouvrir les sonorités tout en explorant grâce à ces inestimables documents vivants les partitions des maîtres des débuts de la musique.

Et tout au long de sa vie Harnoncourt aura ainsi abordé chaque partition, aussi bien les plus rares que les plus célèbres, avec un esprit de redécouverte, de recréation, avec la logique d'une musique vivante, celle d'un artisan autant que d'un artiste, et la volonté de proposer un discours parfois fragile ou discutable mais d'une cohérence, d'une richesse et d'une humanité sans comparaison. Harnoncourt avait cela qui le différenciait de ses aînés comme de la plupart de ceux qui se proclament ses héritiers : avoir renoncé, justement, à tout académisme sans s'imposer un nouveau conformisme, s'être conçu comme un chercheur en musique, un historien du discours musical, par ses questionnements et ses mécanismes, à l'historien des discours qu'était son contemporain Michel Foucault. Voilà comment Nikolaus Harnoncourt continuait à innover, proposant il y a quelques mois une nouvelle lecture des symphonies 4 & 5 de Beethoven assez différente de celle enregistrée il y a vingt ans, et prévoyant d'en rejouer l'intégralité l'été prochain, avant de revisiter Porgy and Bess de Gershwin à la Scala de Milan en novembre. Hélas, ce triste événement était redouté depuis que l'homme avait en toute simplicité annoncé son retrait de la scène et l'annulation de ces projets tant attendus, en décembre dernier, alors qu'il sentait ses forces l'abandonner.

1953-1974

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Au disque, l'aperçu ne peut être que sélectif, mais sans doute faut-il aussi commencer par le commencement : les premiers enregistrements à la viole de gambe avec Alfred Deller, dans les années 1950 (bien mal réédités dans une Deller Edition anarchique et quasiment épuisée, mais dont certains volumes restent disponibles comme vol. 2 dédié à Purcell ou encore le vol. 4 mêlant Haendel, Bach et musique de la renaissance anglaise), et les premiers récitals instrumentaux des années 1960, organisés selon la géographie de l'Europe baroque : Musique à la cour de Léopold Ier de Habsbourg ; Musique à la cour de Louis XIV ; Musique baroque à Salzbourg (Biber & Muffat) ; ainsi que les Pièces de clavecin en concert de Rameau avec Leonhardt, l'album La musique instrumentale en 1600. En 1963 sont également enregistrées les Fantaisies pour 3 à 7 violes de gambe de Purcell.

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Surtout les disques les plus accessibles de cette période sont ceux édités sous la nouvelle étiquette « Das Alte Werk » : Musique de la cour de Mannheim (1963), les Concertos Brandebourgeois de Bach (2 CD), premier best-seller sur instruments anciens (1964), la première Passion selon saint Jean, encore hybride dans sa conception et dont les chœurs sont dirigés par Hans Gillesberger, Der Tag des Gerichts de Telemann, un récital Marin Marais chez Harmonia Mundi, mal enregistré mais toujours touchant. Suivent aussi les Vêpres de la vierge de Monteverdi dès 1967, la Messe en si de Bach en 1968, et toujours de la musique instrumentale : beaucoup de disques pour effectif plus ou moins réduit (notamment avec le flûtiste Frans Brüggen), ou pour un orchestre plus fourni, notamment les Concertos pour violon de Bach avec Alice Harnoncourt comme soliste, et les 4 suites orchestrales.

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Le couronnement de ces années de redécouverte et d'exploration vient avec une série d'enregistrements majeurs : la trilogie Monteverdi : Orfeo, Ulisse, Poppea (9 CD) enregistrée entre 1968 et 1974, le début de l'intégrale des cantates de Bach (60 CD) initiée en 1969 en coopération avec Gustav Leonhardt (qui dirigera environ un tiers de l'ensemble, pour deux tiers à Harnoncourt), et la Saint Matthieu enregistrée en 1974, incontournable, sommet pour la science qui s'y déploie, pour les voix qui s'y illustrent (y compris celles d'enfants, avant que les baroqueux, Harnoncourt en tête, ne délaissent quelque peu ce choix) et pour le drame qui s'y déroule. La dernière réédition est depuis longtemps épuisée...

1974-1995
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Les relectures se poursuivent avec désormais plus de liberté (et, probablement, plus de maîtrise d'instruments désormais apprivoisés, en grande partie grâce à une meilleure compréhension de leur facture) : alors que l'enregistrement des cantates de Bach se poursuit, Harnoncourt enregistre aussi le méconnu Belshazzar de Haendel (3 CD) (1976) puis Jephtha (3 CD) (1979), et l'intégrale de l'opus 8 de Vivaldi (2 CD) (1977), sans se limiter aux fameuses Quatre saisons qui en font partie, mais en proposant de celles-ci une vision déjà fort décapante au regard du standard de l'époque.

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À côté de l'opéra, la musique vocale préoccupe désormais principalement Harnoncourt. Outre les cantates de Bach, il enregistre (enfin ?) le Messie de Haendel (2 CD), puis Theodora (2 CD) et Samson (2 CD) au début des années 1990, ou encore des fragments lyriques de Monteverdi. Son statut acquiert cependant aussi une nouvelle dimension, et le chef féru d'instruments anciens est invité à diriger les orchestres les plus prestigieux, à commencer par l'orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam avec lequel il enregistre des symphonies de Mozart (n° 25, 26, 28, 35-41) (4 CD) d'une inventivité et d'un relief qui ne souffrent en rien de la rondeur instrumentale amstellodamoise. Suivent des symphonies de Haydn tout aussi fascinantes (5 CD) (complétées par un cycle avec le Concentus Musicus (5 CD) sur instruments anciens), ainsi que des symphonies de Schubert qu'après de premières tentatives avec les Wiener Symphoniker, il enregistre également en intégralité à Amsterdam (4 CD). Cet élargissement du répertoire soumis à l'exploration du chef est aussi systématique que pour l'époque baroque : les enregistrements mozartiens se poursuivent avec une intégrale de la musique sacrée (13 CD) et de nombreux opéras, aussi bien peu connus (Lucio Silla, La finta giardiniera) que les plus habituels (la trilogie Da Ponte, Le Nozze - Don Giovanni - Cosi avec le Concertgebouw, La Clemenza di Tito à Zürich avec Lucia Popp).

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1995-2015

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La troisième période de la riche carrière discographique de Nikolaus Harnoncourt est celle d'un chef désormais presque universellement admiré, et chéri en Autriche ou ses concerts au Musikverein ou, l'été, à Graz, auront rythmé le calendrier musical local au moins autant que ceux des Wiener Philharmoniker et du Staatsoper. C'est aussi le temps des relectures puisque Nikolaus Harnoncourt aura souvent remis sur l'ouvrage certaines œuvres, comme les sommets dans lesquels son interprétation restera longtemps canonique : la Saint Jean (2 CD) et la Saint Matthieu (3 CD) de Bach (1995 et 2001), sans voix d'enfants désormais mais avec une beauté vocale et instrumentale et une maîtrise dramatiques remarquables.

http://www.amazon.fr/gp/product/B00GZHRDHA/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=B00GZHRDHA&linkCode=as2&tag=bpclass-21Il continue de fréquenter Mozart, avec un nouveau Requiem (2004) splendide d'articulation et de couleurs, et une exploration de ses 37 symphonies « de jeunesse » chez Teldec puis DHM (reprises par Sony en coffret 7 CD), d'une fraîcheur et d'une acidité délicieuses. À cela il faut ajouter, toujours, des opéras comme Il re pastore ou Zaïde, sans compter ceux qu'il revisite régulièrement à la scène. De Haydn, il enregistre la musique sacrée, Armide avec Cecilia Bartoli, puis enregistre les symphonies parisiennes (3 CD), extraordinaires de vie dramatique (2001-2002), La Création et Les Saisons (des versions préférables à celles enregistrées quelques années plus tôt), l'opéra Orlando Paladino. Il réenregistre aussi le Messie de Haendel, l'Oratorio de Noël et trois cantates de l'avent de Bach, et plus récemment les trois dernières symphonies de Mozart et la symphonie Haffner. Beethoven devait repasser à son tour sous son regard, sur instruments anciens cette fois, et le CD paru l'an dernier (symphonies 4 & 5) sera donc le seul fruit de ce projet inabouti.

http://www.amazon.fr/gp/product/B014XABILM/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=B014XABILM&linkCode=as2&tag=bpclass-21Il continue aussi d'élargir son horizon, avec plus ou moins de succès : Dvorak (symphonies n° 7, n° 8, n° 9, poèmes symphoniques, concerto pour piano, Danses Slaves), Brahms (symphonies, concertos pour piano n° 1 et n° 2 avec Buchbinder, concerto pour violon et double concerto avec Kremer et Hagen, et plus récemment Un requiem allemand), et Bruckner surtout à Amsterdam et Vienne, avec les symphonies 3, 4, 7 et 8 puis la n° 5 et la n° 9. Nikolaus Harnoncourt ne craint pas de poursuivre sa révolution au sein même des institutions les plus académiques, à la tête des Wiener Philharmoniker notamment avec lesquels il enregistre Ma Vlast de Smetana, Aida et le Requiem de Verdi et quelques albums plus accessoires (de nouvelles Noces inégales, du Mozart avec Lang Lang auquel on préférera Buchbinder et les instruments anciens du Concentus Musicus). Il s'illustre aussi par deux fois au Concert du nouvel an à Vienne, en 2001 et 2003. Mais son exploration du XIXe et du XXe siècle reste curieuse et sans rigidités, comme il le montre avec Das Buch mit sieben Siegeln de Schmidt, la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartok, et un excellent Porgy & Bess de Gershwin.

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Mais c'est surtout l'intégrale des symphonies de Schubert captée à Berlin entre 2003 et 2006 (8 CD + BR) que l'on cherchera ou que l'on offrira, coffret luxueux, onéreux certes, et surtout l'une des dernières entreprises majeures par lesquelles Harnoncourt aura montré sa capacité à revisiter et réviser jusqu'au bout ses propres choix, pour explorer chaque partition, la rendre on ne peut plus claire, et tout à la fois dramatiquement saisissante, sans que jamais la musique n'en cesse de sonner avec le naturel de tout véritable discours.